Mon évasion :
Trois pièces dans le parcmètre
Un tract qui m’annonce la fin du monde
Il ne m’en faut pas plus
Je déchausse, puis j’enfourne les tongs
C’est une cavale de paresseux
Je cours, mais pas trop vite
J’ai les bras chargés de souvenirs
Je ne voudrais pas casser le bibelot
De Mémé
Ou la montre à gousset que j’ai trouvée en brocante
Quelque part au large d’Alicante
Je suis en bateau
Je crois
En tout cas j’ai le mal de mer
Je tangue et je chavire
Y‑a-t-il un tremblement de terre ?
Je me sens ridicule, qu’en penserait mon père ?
Mes amis, mes cousines, la copine de mon frère ?
De cette cavale sommaire
Ni faite ni à faire
Et voilà, je m’égare
Je rime au lieu de cavaler
Vite ! Courons, courons vers le lever
À mi-chemin de la gare…
Je me remets à rimailler !
Elle dure cette cavale poétique
Je me laisse à des facilités
Si l’on me demande, c’est politique !
Quelque chose à voir avec la société
Je crois
Ou avec Mémé
Ou avec Papa
Ou avec les copaines
Qui m’attendent en terrasse
Car il me semble que le chemin
Finit toujours dans un verre de glace.
Léo Germond
